Nina Ricci – INPI treasures

Nina Ricci – Trésors INPI

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Nina Ricci a été l’une des premières créatrices du XXe siècle à amener des looks italiens élégants en France, avec la culture d’un grand couturier et une audace contemporaine. En 1966, elle a été la première à porter une djellaba de cocktail, d’inspiration africaine à la mode française.

Nina Ricci a laissé d’immenses archives de 1883 à 1970.

Nina Ricci – INPI treasures by RUNWAY MAGAZINE
Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

Née à Turin (Italie) en 1883, Maria Nielli est devenue à son arrivée à Paris Nina Ricci, lorsqu’elle a combiné son surnom avec le nom de famille de son mari.

Sa maison de Haute Couture a été fondée en 1932, au 20 rue des Capucines à Paris, avec l’atelier de design et les salons d’accessoires. Sa technique, ses coupes et ses matières confèrent une simplicité saisissante à la femme qu’elle s’imagine.

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Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

Son fils, Robert Ricci, crée le département Parfums en 1941.

« Cœur-Joie » apparaît en 1946, il s’agit du premier parfum de la maison. Son flacon initie la longue collaboration de la maison avec le cristallier Lalique, qui crée en 1948 le célèbre flacon de « L’Air du Temps ». Couronné de colombes de cristal, il incarnait l’amour et la liberté. Il est devenu le parfum emblématique de la Maison et sa renommée a contribué à consolider la réputation internationale de la Maison. Il est toujours en production aujourd’hui et reste le best-seller de la société.

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Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

Ensuite, ont suivi trois nouvelles créations : « Fille d’Eve », « Capricci » et « Farouche ».

Ce riche héritage est toujours vivant aujourd’hui et une source d’inspiration sans fin pour la marque et ses parfums.

Au début des années 1950, Nina Ricci avait presque 70 ans. Elle a lentement cessé de jouer un rôle actif dans le design, choisissant de garder un œil sur la maison.

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Modèle n°044801 déposé le 08.10.2004 par la société Nina Ricci pour une chaussure. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

En 1954, Jules-François Crahay, assistant design de Nina Ricci, lui succède à la direction artistique. Le style de la maison s’est structuré ; les courbes deviennent la signature de sa silhouette allongée. Ses créations ont été très appréciées.

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Modèle n°043670 déposé le 26.07.2004 par la société Nina Ricci pour un Dessin destiné à être apposé sur tous supports. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

La collection «Crocus» de 1959 et le célèbre costume du même nom ont été un succès triomphal. La Maison a ensuite développé sa ligne « Mademoiselle Ricci », composée de modèles demi-couture qui préfiguraient la ligne de prêt-à-porter de la marque.

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Modèle n° 126746 déposé le 18.07.1957 par la Société à responsabilité limitée NINA RICCI pour un flacon. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

Jules-François Crahay quitta Nina Ricci en 1963 pour rejoindre la maison Lanvin, et fut immédiatement remplacé par Gérard Pipart, qui avait travaillé chez Balmain, Fath et Jean Patou avant son nouvel emploi. Il a continué à porter le nom de Nina Ricci avec de belles et élégantes robes.

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Au cours des trois décennies suivantes, sa vision de la Haute Couture célèbre une femme flamboyante et son prêt-à-porter trouve une clientèle fidèle parmi les femmes les plus stylées de l’époque.

En 1979, la Maison acquiert son adresse actuelle au 39 avenue Montaigne. Couture et Parfums se réunissent sous un même toit, tandis que le rez-de-chaussée est dédié à la toute nouvelle boutique Nina Ricci.

Robert Ricci a continué à exceller dans la parfumerie et les affaires jusqu’à sa mort en 1988.

La parfumerie chez Nina Ricci : inventivité et modèles déposés

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Planche du brevet d’invention n°FR2804087 déposé le 10.10.2000 par les Parfums Nina Ricci pour un étui pour article ou produit, notamment pour flacon de parfum ou d’eau de toilette. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

L’activité de parfumerie de Nina Ricci est probablement celle qui, avec la haute-couture, renferme le plus de dépôts et d’inventivité. En effet, les seuls brevets d’invention déposés par la maison concernent la parfumerie et plus spécialement l’emballage et le marketing des produits. Cette planche de brevet d’invention représente la boite servant d’écrin au célèbre parfum de la maison « L’Air du temps ».

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Parfum “Mémoire d’homme” déposé en 2001. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

C’est au cristallier Lalique, également grand déposant de titres de propriété industrielle, que la maison Nina Ricci confie ses premiers flacons. On retrouve un exemple de flacon dans un modèle déposé par la maison en 1957. S’il ne s’agit pas de l’emblématique flacon du parfum « l’Air du temps » et de ses deux colombes, ce modèle illustre le design des lignes courbes choisi par la maison.

Parmi les modèles se trouve également le flacon du parfum « Premier jour » déposé en 2000. La collection Homme n’est pas non plus négligée, nous retrouvons ainsi le flacon du parfum « Mémoire d’homme » déposé en 2001.

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Modèles déposé le 03.12.1991 par la Société Nina Ricci parfums pour des flacons. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

En termes de flaconnerie, l’INPI conserve également d’autres modèles notamment pour des usages cosmétiques comme une crème démaquillante pour les yeux ou un flacon de vernis à ongles.

Des bijoux à l’optique

Le fonds des dessins et modèles conserve également la trace d’autres activités de la maison Nina Ricci et plus spécialement de ses activités de bijouterie. Nous retrouvons ainsi deux modèles datant de 1974 pour des bagues à motifs en forme de cœur ou de navette.

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Modèle n° 114575 déposé le 15.10.1974 par la Société Nina Ricci pour un motif de bijoux en forme de cœur. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE
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Modèle n° 114575 déposé le 15.10.1974 par la Société Nina Ricci pour un motif de bijoux en forme de navette. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

Parmi les autres dépôts se trouvent également plusieurs montures de lunettes déposées dans les années 1990.

Vêtements de haute-couture

L’activité première de haute-couture de la maison n’est pas oubliée des titres de propriété industrielle déposés par la maison. On retrouve ainsi en 1974 le premier dépôt d’un modèle pour un vêtement portant la marque « N » pour Nina Ricci. C’est probablement parmi ces dessins et modèles que l’on retrouve le plus l’univers féminin et délicat de la marque. Son ADN ? Le romantisme, les nœuds, les rubans et dentelles

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Modèle n°044801 déposé le 08.10.2004 par la société Nina Ricci pour une veste. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE
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Modèle n ° 051187 déposé le 04.03.2005 par la société Nina Ricci pour une robe. Modèle n ° 054790 déposé le 06.10.2005 par la société Nina Ricci pour une robe. Modèle n ° 044797 déposé le 08.10.2004 par la société Nina Ricci pour un soutien-gorge. Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

On retrouve également parmi les dessins des robes aux larges drapés.

Chaussures, sous-vêtements, tissus imprimés, la pluralité des dépôts et leur nombre relativement conséquent signalent la recherche constante et l’inventivité dont fait preuve la marque.

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Nina Ricci – Trésors INPI par RUNWAY MAGAZINE

RUNWAY MAGAZINE présente les trésors de l’INPI – des innovations dans la mode. L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) examine et délivre les titres de propriété industrielle (brevets, marques, dessins et modèles) en France. Créé en 1951 sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, il est l’héritier des institutions qui l’ont précédé depuis la fin du 18e siècle. A ce titre, l’INPI est garant de la gestion de ces archives publiques et est ainsi devenu l’une des mémoires de l’innovation en France. Il veille sur un riche patrimoine, constitué par l’intégralité des brevets depuis 1791, des marques depuis 1857 et des dessins et modèles depuis 1910 : près de 7,5 millions de documents, soit 145 kilomètres linéaires précieusement conservés. Fruits de générations d’inventeurs, d’ingénieurs, d’industriels, de créateurs ou encore d’artistes, ces archives sont d’un intérêt historique et documentaire unique et représentent une source iconographique encore méconnue.